Quelques jours avant le départ de l'I.D. R Pikes Peak

Quelques jours avant le départ de l'I.D. R Pikes Peak

20
juin
2018

Les derniers préparatifs sont en cours, la tension monte. La semaine de course de la « Pikes Peak International Hill Climb » a débuté le lundi 18 juin à Colorado Springs avec l'inspection technique des véhicules engagés. La présence de l’I.D. R Pikes Peak, la première voiture de course 100% électrique de Volkswagen, était obligatoire. La séance d’essai officielle a commencé le jour suivant. « Le niveau d'adrénaline va régulièrement augmenter jusqu'à la course de dimanche », explique Romain Dumas, triple vainqueur de la Pikes Peak, qui pilotera l’I.D.R Pikes Peak.

 

Sa mission lors de la « Course vers les nuages » est d'établir un nouveau record dans la catégorie des véhicules électriques. Une mission qui a officiellement débuté le 18 octobre 2017. « Au début, nous n’avions qu’une feuille blanche », se souvient Sven Smeets, Directeur de Volkswagen Motorsport. La décision de développer une voiture de course 100% électrique pour participer à la plus célèbre course de côte au monde a été le début d'une course contre la montre. Nous avions 250 jours entre l'annonce du projet et le début de la course jusqu'à Pikes Peak.

Cependant, l’I.D. R Pikes Peak est bien plus qu'une simple voiture de course. Le prototype est également un bijou de technologie et un laboratoire d'essai sur roues pour les voitures électriques de production de la famille I.D., que Volkswagen lancera sur le marché à partir de 2020. La participation à cette course a pour but d’acquérir de nouvelles connaissances en sport automobile, qui pourront être appliquées à la production. C'est pourquoi la Pikes Peak International Hill Climb a été choisie. Le parcours de 19,99 kilomètres s'élève à 4 302 mètres d'altitude, plus haut que la route des glaciers de l'Ötztal en Autriche - la route goudronnée la plus haute d'Europe ouverte aux véhicules à moteur.

 

Lors de cette course de côte qui a lieu depuis 1916, de nombreux types de véhicules sont autorisés à concourir sur Pikes Peak ; Volkswagen sera en compétition dans la catégorie « Unlimited », ce qui signifie que les ingénieurs peuvent faire presque tout ce qu'ils veulent. « Nous avons choisi cette catégorie car c'est pour nous la scène parfaite pour prouver notre expertise technique », explique François-Xavier Demaison, Directeur technique de Volkswagen Motorsport. Alors que son équipe se concentre sur le développement du châssis et de la transmission de l’I.D. R Pikes Peak, Volkswagen a travaillé sur le design de la carrosserie. « Notre travail consistait à transposer le style distinctif de la famille I.D. à une voiture conçue pour une course extrême, qui suscite l’émotion », explique Klaus Bischoff, Directeur Exécutif de Volkswagen Design.

Le résultat, une voiture de course unique avec de puissants ailerons avant et arrière, qui ont été étudiés pour générer un appui aérodynamique maximal. Deux moteurs électriques entraînent les essieux avant et arrière et délivrent une puissance de 680 ch. L'énergie électrique est stockée dans une batterie lithium-ion, divisée en deux blocs, qui sont situés à côté et derrière dans le cockpit. Environ 20% de l'énergie nécessaire est générée à bord par la récupération de l'énergie de freinage, par exemple. « Nous avons fait quelques découvertes fondamentales concernant la gestion de l'énergie et de la charge, ce qui va certainement influencer le développement de la famille I.D. », explique Willy Rampf, qui tire sa vaste expérience de la Formule 1 pour le projet en tant que consultant pour Volkswagen Motorsport.

 

L’I.D.R Pikes Peak a fêté sa première mondiale le 22 avril 2018 sur le circuit d'Alès, dans le sud de la France. Après des essais approfondis en Europe, Volkswagen Motorsport a déplacé la base opérationnelle pour la course de côte dans l'état américain du Colorado. Des essais ont eu lieu sur l’ensemble du parcours de Pikes Peak pour affiner les réglages. « L’I.D.R Pikes Peak est la meilleure voiture que je n’ai jamais pilotée sur cette montagne », a déclaré Romain Dumas, visiblement impressionné après la séance d’essai. Il a cependant ajouté une mise en garde : « Tout doit bien se passer pendant la course, car nous n’avons qu’une seule chance ».

Pour Romain Dumas et l’I.D. R Pikes Peak, les choses sérieuses commencent réellement le mercredi 20 juin. L’ordre de départ de la course sera en effet décidé lors d'une manche qualificative. La tentative pour Volkswagen de battre le record des véhicules électriques, débutera le dimanche (24 Juin) à 08h00, heure locale (16h00 CEST). Les 24 motos qui se sont inscrites concourent dans neuf catégories. Elles seront suivies par les 67 voitures en six catégories. La voiture détenant le meilleur temps des qualifications sera la première à attaquer la course de côte.

Romain Dumas, pilote de la Volkswagen I.D. R Pike's Peak

 

Romain Dumas a déjà remporté trois fois la Pikes Peak International Hill Climb. Le 24 juin prochain, le Français disputera pour la première fois la plus célèbre course de côte au monde au volant d’une Volkswagen. Au volant de l’I.D. R Pikes Peak, d’une puissance de 680 ch, le pilote de 40 ans n’aura qu’un objectif en tête : battre le record de 8 min 57 s 118 établi en 2016 par le Néo-Zélandais Rhys Millen dans la catégorie des véhicules électriques.

 

Romain Dumas, vous allez prendre le départ de votre cinquième Pikes Peak International Hill Climb dans quelques jours seulement. En quoi va consister votre préparation durant la semaine de course ?
Aux côtés de l’équipe, je vais régler les derniers petits détails pour me donner les meilleures chances de finir premier. Après les essais de mardi, les qualifications se dérouleront le mercredi, puis l’ordre de départ de la course de dimanche sera déterminé. Viendront ensuite des entretiens avec la presse et une séance d’autographes lors de la « fan party » de vendredi. Au milieu de tout cela, je n’oublierai pas de prendre un peu de repos.

Vous avez dejà gagné la Pikes Peak International Hill Climb à trois reprises. Qu’est-ce qui vous laisse penser à une quatrième victoire cette année ?
L’I.D. R Pikes Peak et l’équipe Volkswagen sont fantastiques. Certes, ce n’est pas un projet facile car tout est nouveau, mais nous avons engrangé pas mal d’expérience ces derniers mois et nous nous sommes bien préparés en compagnie des ingénieurs et des mécaniciens. Je suis convaincu que tout cela paiera le 24 juin.

À Pikes Peak, vous effectuerez un super sprint de 19,99 km, distance qui n’est même pas égale à un tour et demi du circuit du Mans. Une telle transition n’est-elle pas un peu brutale ?
Non, pas du tout. Tout est différent dans les deux épreuves : les véhicules, la piste, les challenges. Ce qu’il faut, c’est changer complètement d’approche. Le Mans s’apparente à un marathon, alors que Pikes Peak, c’est une finale du 100 m.

Vous avez déclaré que la Pikes Peak International Hill Climb était plus difficile que n’importe quelle autre course. Que voulez-vous dire par là ?
Du point de vue du pilote, elle est difficile dans la mesure où l’on ne peut pas se permettre la moindre erreur. Et en plus, on n’a le droit qu’à une seule tentative. Si quelque chose ne va pas, c’est fini. Imaginons qu’un de mes pneus soit endommagé : je ne peux m’arrêter au stand, le remplacer, puis revenir sur la piste. À Pikes Peak, plusieurs mois de travail, et les espoirs de victoire qui vont avec, peuvent partir en fumée en l’espace de quelques instants.

Vous souvenez-vous de votre premier parcours vers le sommet ?
C’était en 2012, avant ma première participation. Mon équipe et moi-même étions un peu naïfs lorsque nous sommes arrivés dans la montagne. Mais nous avons beaucoup appris à chaque mètre parcouru. Cette expérience a été remarquable. Certains tronçons de Pikes Peak rappellent le tracé de la Nordschleife, mais la course représente un défi autrement plus éxigeant exigeant. Encore aujourd’hui, j’ai un immense respect pour cette montagne.

Comment se sent-on physiquement à l’arrivée au sommet après avoir disputé la course à une telle vitesse ?
Mal, très mal. Il faut bien se dire que l’on grimpe de 1 440 m en neuf minutes environ. Vous le ressentez et ça ne va pas très bien. Ce qui est important, en pareille circonstance, c’est de bien connaître son corps et de lui donner un supplément d’oxygène s’il le faut. Au niveau de la ligne d’arrivée, à 4 302 m, l’air est si raréfié qu’il est difficile de respirer, surtout après ce genre d’efforts.

Cette année, vous concourrez sur l’I.D. R Pikes Peak, la première voiture de course 100 % électrique de la marque Volkswagen. En quoi est-ce différent d’un véhicule propulsé par un moteur à combustion ?
Une voiture de course électrique livre très peu d’informations sur son fonctionnement, car le moteur et la boîte de vitesses ne font pratiquement aucun bruit. Or ces deux organes renseignent d’habitude beaucoup sur la vitesse à adopter. Sur l’I.D. R Pikes Peak, tout ce dont je dispose, c’est d’une vue sur l’extérieur et d’un affichage sur le volant. Le manque d’informations complexifie donc sérieusement la donne, mais j'aime relever des défis …

Pensez-vous que les moteurs électriques soient l’avenir du sport automobile ?
À Pikes Peak, les moteurs électriques constituent assurément le meilleur choix pour réaliser des performances en altitude. Ils se justifient tout autant dans les épreuves sur très courte distance, comme en rallycross. En revanche, pour l’instant, cela ne me semble pas être le cas dans les courses d’endurance.

En 2020, Volkswagen lancera sa première gamme de modèles équipée de motorisations 100 % électriques, la famille I.D. Êtes-vous favorable à l’électro-mobilité sur la route ?
Oui, je la défends fermement. Elle va apporter d’immenses bénéfices aux gens, surtout en ville, et lorsque le développement des batteries aura encore progressé, elle pourra même devenir intéressante sur moyen et long trajet. C’est là que le sport automobile a un rôle important à jouer, car l’expérience tirée des activités de développement peut servir à la production.

Vous avez 40 ans et comptez à votre actif de nombreux succès en courses d’endurance, entre autres, auxquels s’ajoutent trois victoires à Pikes Peak. Quels sont vos autres objectifs ?
C’est une bonne question. À vrai dire, je n’ai pas de réponse. Évidemment, j’ai toujours des objectifs. J’aimerais bien rempiler pour le Paris-Dakar, dont j’ai déjà couru trois éditions, mais pour remporter le titre cette fois. Et une aventure en rallycross me tente également.

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