Interview de Xavier Chiocci

Interview de Xavier Chiocci

12
mai
2014

Xavier CHIOCCI (pilier du RC Toulon) : « travailler, toujours travailler…  »

La Valette, puis Toulon, voilà les deux clubs de « cœur » de Xavier Chiocci. Aujourd’hui, sous le maillot du RCT ce pilier talentueux, qui n’a pas fini de nous surprendre, prend beaucoup de plaisir dans l’un des plus grands clubs de la planète rugby.

Toulon, c’est la capitale du rugby. Natif du Var, vous n’avez pas pu échapper à ce sport ?

Sourire… C’est un peu ça. Un jour, j’avais à peine 10 ans, mes parents m’ont dit « on t’a inscrit au rugby, tu vas aller faire un essai ». Au final, ce sport m’a plu et j’y suis resté.

Lorsque l’on pratique le rugby à La Valette, sur les hauteurs de Toulon, et que l’on se débrouille plutôt bien, ce qui est votre cas, le RCT c’est le passage obligé ?

Et oui ! Dès que je suis arrivé au RCT et j’ai joué dans toutes les catégories de jeunes : cadets, Crabos, Reichel. Après, j’ai intégré le centre de formation, puis les espoirs et maintenant voilà…

Et toujours en tant que pilier ?

Non, non, j’ai débuté comme troisième ligne et c’est au RCT que j’ai découvert le poste de pilier.

Qu’est ce qui vous a marqué en arrivant au RCT ?

Pour moi, le fait de venir de La Valette au RCT, c’était déjà un grand changement car le jeu allait beaucoup plus vite. Mais ce que j’ai bien aimé en arrivant ici, c’était l’ambiance et surtout l’esprit autour d’une bonne équipe de copains, notamment avec Virgile (ndlr : Bruni) et Pierrick (ndlr : Gunther). D’ailleurs, on est toujours pote. 

Lorsque vous avez intégré le centre de formation, pensiez-vous devenir professionnel ?

Non, non, car je ne me suis jamais posé de question. Je me suis entraîné sérieusement, j’ai joué en me faisant plaisir. D’ailleurs, je me rappelle qu’un jour l’entraîneur du centre de formation est venu me voir et il m’a demandé si j’étais OK pour passer à l’échelon supérieur. Je lui ai fait comprendre que oui.

Le rugby vous colle à la peau, mais qu’en est-il de votre avenir professionnel ?

Tout en jouant au rugby, j’ai passé un BEP électrotechnique, puis je me suis mis au BP JEPS (le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l'Education Populaire et du Sport) et là, maintenant, je suis en train de préparer un BTS management du sport en alternance avec des horaires aménagés. Par exemple, je vais en cours lors de mes périodes de repos comme le mercredi. Pour moi, c’est important de pouvoir concilier les deux et, surtout, c’est bien pour plus tard.

Et votre premier match avec l’équipe « une » du RCT, vous en souvenez-vous ?

C’était l’année passée lors d’une rencontre amicale contre Lyon à Mayol. Je me souviens que devant le public de ma région, de ma ville, j’avais beaucoup de pression.

Quel regard avez-vous sur ce public de Mayol, vous l’enfant du pays ?

Je trouve que le public est assez énorme, mais comme j’habite ici, c’est peut-être pour cela que j’ai cette attitude. Je dois reconnaître qu’à Toulon il y a beaucoup d’engouement pour le rugby, et moi c’est aussi ça que j’aime.Et puis, ce qu’il y a de formidable, c’est que lorsque tu gagnes le public est là et quand tu perds, les supporters sont encore là.

Le fait de jouer avec quasiment les meilleurs rugbymen de la planète, que cela vous apporte t-il ?

Déjà, lorsque je vois que tout petit je les regardais à la télévision et que maintenant je joue avec eux, tu ne peux que progresser. Sincèrement, tu te sens obliger de donner tout… et à plus de 100 %.

Sont-ils de bons conseillers pour vous ?

Effectivement, notamment Carl Hayman et Martin Castrogiovanni car, comme moi, ce sont des avants et on se comprend bien. Et puis, comme je suis réceptif à tout ce que l’on me dit, ce ne peut être que profitable pour mon avenir dans le rugby.

Si avec le RC Toulon, vous ne décrochiez pas de titre cette saison, vous seriez déçu ?

Oui, car lorsque tu es compétiteur comme moi tu a envie de gagner quelques chose, un titre, d’aller jusqu’au bout. Après, si tu ne gagnes pas et bien il faut retravailler, et retravailler encore plus dur pour que l’année suivante tu obtiennes quelque chose.

Entre Top 14 et H Cup, laquelle des deux compétitions est, à vos yeux, la plus abordable cette année ?

Que ce soit le championnat de France (ndlr : Top 14) ou la coupe d’Europe (ndlr : H Cup), les deux sont très difficiles. Mais, en ce qui me concerne, ce serait déjà bien de pouvoir jouer…

Et l’équipe de France, y songez-vous ?

Je pense que c’est énorme de pouvoir jouer pour son pays. Pour l’instant, je fais mes matches. Si ça tombe, ce sera énorme, et si ça ne tombe pas, et bien je me dirai il faut travailler, travailler, encore plus et me donner pour mon équipe et pour mon club.

Votre club de cœur c’est le RCT, mais n’avez pas, un jour, eu l’intention de changer d’air ?

Non non pas encore.

Comment occupez-vous vos temps libres ?

Je vais beaucoup au cinéma et j’adore jouer aux cartes, à la contrée (ndlr : jeu de belote). Je participe également aux activités qu’organise le club, mais comme ici j’ai de nombreux amis qui ne sont pas « rugby », c’est bien de pouvoir faire la part des choses.

Interview réalisée par Dominique ROUDY


CV Express

Nom : CHIOCCI
Prénom : Xavier
Taille : 1,80 m - Poids : 125 kg
Né le 13 février 1990 à Toulon (83)
Place sur le terrain : pilier

Carrière de joueur :
- 2000 à 2007 : Rugby club La Valette
- depuis 2007 : Rugby club de Toulon (au centre de formation du RCT depuis 2008)

Carrière en équipe de France :

- 2008 : champion d’Europe en - 18 ans
- 2007 à 2009 : équipe de France des - 18 ans (tournée en Afrique du Sud)
- 2009 et 2010 : équipe de France des - 20 ans

Titres en club :

- 2007 : champion de France cadets et champion de France des Comités avec la Côte d’Azur
- 2010 : champion de France Reichel
- 2011 : finaliste du championnat de France espoirs
- 2013 : vainqueur de la Coupe d’Europe « H Cup »

Évaluation

Aidez nous à vous proposer des contenus plus adaptés à vos attentes.